Chaque jour, plusieurs milliers de nouvelles applications sont publiées sur les stores mobiles. Ce chiffre, déjà spectaculaire, ne couvre qu’une fraction de la réalité : il exclut les applications développées en interne par les entreprises, les projets expérimentaux et les outils personnels qui ne quittent jamais l’appareil de leur créateur. Pour saisir l’ampleur de cette production, il faut distinguer ce qui est publié de ce qui est réellement développé.
Applications publiées sur les stores : les données disponibles
Le décompte le plus fiable concerne les applications effectivement mises en ligne sur Google Play et l’App Store. Selon Sensor Tower, repris par Al Jazeera en 2025, environ 560 000 nouvelles applications ont été lancées au premier semestre 2025. Rapporté à la durée, cela représente un peu plus de 3 000 publications par jour sur l’ensemble des plateformes.
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Ce rythme marque une accélération nette par rapport aux années précédentes. L’explication tient en partie à la démocratisation des outils de développement assisté par intelligence artificielle, qui réduisent le temps nécessaire entre l’idée et la mise en ligne.
Ces chiffres ne comptabilisent que les applications acceptées par les stores. Chaque plateforme applique un processus de validation qui rejette une part non négligeable des soumissions, pour non-conformité technique ou violation des règles de contenu.
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Applications développées hors des stores : un volume invisible
Le nombre d’applications publiées ne reflète qu’une partie de l’activité de développement. Une proportion croissante de projets ne passe jamais par un store public. Les entreprises créent des applications métier destinées uniquement à leurs équipes. Des développeurs indépendants construisent des outils personnels pour automatiser des tâches sur leur propre appareil.
Ce type de projet, encouragé par les assistants de codage basés sur l’IA, échappe à toute mesure centralisée. Aucun organisme ne recense ces développements, ce qui rend toute estimation globale approximative.
Pourquoi cette production hors store augmente
- Les outils no-code et low-code permettent à des profils non techniques de concevoir des applications fonctionnelles en quelques heures, sans écrire une ligne de code traditionnelle.
- Les assistants IA de développement (génération de code, débogage automatique) raccourcissent les cycles de production pour les développeurs confirmés comme pour les débutants.
- Les entreprises préfèrent parfois distribuer leurs applications via des solutions de gestion de flotte mobile (MDM), sans publication sur un store grand public.
Le volume réel d’applications développées chaque jour dépasse donc largement les 3 000 publications mesurées sur les stores. L’ordre de grandeur total reste difficile à estimer, mais il se situe probablement bien au-delà.
Développement multiplateforme et accélération de la production
Un facteur technique amplifie encore le rythme de création. D’après Appfigures, les frameworks multiplateformes comme React Native ou Flutter représentaient 15 % des nouvelles publications sur l’App Store et Google Play en 2024, contre 7 % en 2020. Cette progression a une conséquence directe sur le volume : une seule équipe produit une application qui fonctionne simultanément sur Android et iOS à partir d’une base de code unique.
Le gain de temps est significatif. Là où un projet natif nécessitait deux développements parallèles, un framework multiplateforme permet de diviser l’effort. Le résultat : davantage de projets menés à terme avec les mêmes ressources humaines.
Ce que cela change pour les stores
Cette tendance contribue à l’engorgement des catalogues. Google Play et l’App Store hébergent chacun plusieurs millions d’applications. La majorité d’entre elles ne dépassent jamais quelques dizaines de téléchargements. Le rythme de publication quotidien alimente un réservoir où la visibilité devient le vrai problème, pas la capacité à développer.

Impact de l’intelligence artificielle sur le rythme de développement
L’IA générative a modifié la chaîne de production des applications de façon mesurable. Les usages vont de la génération de code à la création d’interfaces, en passant par les tests automatisés.
L’effet sur le volume est double. D’un côté, des développeurs expérimentés livrent plus vite. De l’autre, des personnes sans formation technique parviennent à créer des applications fonctionnelles grâce aux assistants conversationnels capables de produire du code exploitable.
Cette démocratisation pose une question de qualité. Une part des nouvelles applications publiées grâce à l’IA souffre de problèmes de sécurité, de performances ou de respect des bonnes pratiques de conception. Les stores ont commencé à renforcer leurs critères de validation, mais le filtre reste imparfait face au volume.
Pourquoi le chiffre exact reste impossible à établir
Donner un nombre précis d’applications développées chaque jour dans le monde supposerait de pouvoir mesurer simultanément :
- Les publications validées sur tous les stores (Google Play, App Store, mais aussi Huawei AppGallery, Samsung Galaxy Store, Amazon Appstore et les stores régionaux chinois).
- Les applications d’entreprise distribuées en interne sans passage par un store public.
- Les projets personnels, prototypes et applications expérimentales qui restent sur l’appareil de leur créateur.
- Les Progressive Web Apps (PWA), qui fonctionnent comme des applications sans nécessiter d’installation depuis un store.
Aucune source ne couvre l’ensemble de ces catégories. Les estimations publiées portent uniquement sur les stores principaux, ce qui revient à mesurer la partie émergée d’une production bien plus vaste.
Sur la seule base des données Sensor Tower pour le premier semestre 2025, le rythme de publication atteint plusieurs milliers d’applications par jour sur les deux stores principaux. En ajoutant les stores secondaires, les applications internes et les projets personnels, le volume total dépasse probablement ce chiffre d’un facteur significatif. La tendance, portée par l’IA et les outils multiplateformes, reste orientée à la hausse.

